Union des Fédérations de l'Océan Indien | IOUC
Mardi
Réveillés, et prêts à traverser

La parole de Dieu et le Jourdain

PAR Galina Stele

 

Ce fut un moment de grande Incertitude et une tâche surhumaine pour Josué. Devant les Israélites se trouvait le Jourdain en pleine crue, et Jéricho, une grande et solide forteresse située sur sa rive occidentale. Du côté oriental du fleuve se trouvait la magnifique vallée de Shittim (Josué 2.1), couverte d'acacias (c'est ce que signifie le nom de cette vallée) et des multitudes du peuple de Dieu.

Le moment était venu de traverser le Jourdain. Essayez d'imaginer les sentiments de Josué. Moïse était mort. Il était mort au moment même où l'on avait le plus besoin de lui, à la frontière de la Terre Promise ! Comment traverser le Jourdain, spécialement en période de crue (Josué 3.15) ? Comment conquérir les épaisses murailles et les géants de Jéricho ? La sagesse et l'expérience de Moïse auraient été bien nécessaires à ce moment crucial. Comment Josué allait-il faire pour conduire ce peuple à la Terre Promise ? Ce peuple était disposé à échanger la terre de ses rêves pour quelques moments de plaisir dans les bosquets d'acacias. En qui Josué pouvait-il avoir confiance ?

La mort de Moïse fut une grande perte pour le peuple d'Israël. Cependant, ils savaient que Dieu était encore avec eux. « La colonne de nuée et la colonne de feu qui planaient sur le tabernacle l'assuraient que s'il marchait dans la voie de ses commandements, Dieu continuerait à être son guide et son défenseur. » (1)

Josué attendit les ordres du Seigneur. Né dans la servitude, il avait passé 40 années en Égypte et 40 années à être le bras droit de Moïse (Nombres 11.28). Son nom original était Osée (Nombres 13.8), qui signifie « salut » ou « délivrance. Mais, à un certain moment au cours de sa période de service pour Moïse, il fut changé en « Josué, » qui signifie « Sauve, Yahweh ! » ou « Yahweh sauve ». (2) Le mot « Yahweh » rappelait le nom du Seigneur révélé à Moïse au buisson ardent : « Je serai qui je serai » (Exode 3.14). Le nom de Josué devint un rappel vivant pour tous que Dieu lui-même est celui qui sauve son peuple. Ce ne serait ni Moïse, ni Josué, ni aucun autre homme, mais l'Éternel qui allait conduire son peuple de l'autre côté du Jourdain et vers la Terre Promise. Plus tard, ce même nom fut donné à Jésus. Josué était donc un type du Christ.

L’attente de Dieu

Josué avait expérimenté bien des fois la puissance de Dieu. Il était au Mont Sinaï lorsque celui-ci fut enveloppé de la nuée étincelante et de la gloire de la présence de Dieu. Il avait vu Moïse descendre de la montagne, portant la loi écrite de la main de Dieu (Exode 32.17). C'est lui qui avait combattu les Amalécites et remporté la victoire lorsque Moïse élevait les mains (Exode 17.8–16). Josué faisait partie des 12 espions envoyés par Moïse pour explorer la Terre Promise, et avait été l'un des deux seuls qui avaient cru que Dieu était assez puissant pour leur donner la victoire sur les géants.

Josué « possédait certainement quelques-unes, sinon la plupart, des qualités qui font un grand général : la fermeté et la douceur, obtenant facilement la confiance et l'obéissance de ses hommes, la décision et la rapidité ». (3) Cependant, Josué ne comptait pas sur ses talents et ses qualifications. Il avait appris de Moïse la leçon la plus importante : il faut se confier totalement en Dieu. « Si tu n'y vas pas toi-même, ne nous fais pas monter d'ici » (Exode 33.15). C'est pourquoi Josué attendit fidèlement les ordres du Seigneur.

Et Dieu parla à Josué. Il est intéressant de constater que ce ne fut ni sur un plan stratégique de conquête, ni sur une description détaillée de cartes, ni du besoin de troupes pour la conquête. Dieu commença par des directives tout à fait inattendues. Il attira l'attention de Josué sur ce qui allait toujours lui garantir la présence de Dieu et le succès. Le Seigneur dit : « Sois fort et très courageux, pour veiller à mettre en pratique toute la loi que Moïse, mon serviteur, a instituée pour toi ; ne t'en écarte ni à droite ni à gauche, afin de réussir partout où tu iras. Ce livre de la loi ne s'éloignera pas de ta bouche ; tu le reliras jour et nuit pour veiller à mettre en pratique tout ce qui y est écrit ; alors tu mèneras à bien tes entreprises, tu réussiras » (Josué 1.7, 8). Le succès de Josué comme chef, et du peuple d'Israël comme nation, dépendrait de leur obéissance à la loi de Dieu et à sa Parole. Ce n'est qu'après cette introduction que Dieu commença à donner à Josué quelques instructions précises sur la manière d'aller de l'avant.

Les leçons de la Terre Promise

Tandis que l'histoire du monde se précipite vers sa fin, nous aussi, en tant qu'Église, nous nous tenons à la frontière de la Terre Promise. Nous l'oublions parfois, spécialement lorsque les vallées couvertes d'acacias sont en fleur. Et, en tant qu'individus, nous devons souvent faire face à nos propres Jérichos. Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette histoire et des instructions données par Dieu dans Josué 1.7, 8 ? Quelles questions devons-nous nous poser ?

1. Des questions sur la présence de Dieu : Partageons-nous la conviction de Josué qu'il est inutile d'aller de l'avant si la présence du Seigneur ne nous accompagne pas ? Reconnaissons-nous que sa présence est dans sa Parole ?

2. Des questions sur le courage : Sommes-nous aussi audacieux que Dieu désire que nous soyons ? Montrerons-nous le courage nécessaire pour le suivre et pour être fidèles à sa Parole, quelles que soient les circonstances ? Le peuple d'Israël avait-il l'air bête aux yeux des autres en marchant pendant sept jours autour de Jéricho ? Un tel courage sera de nouveau très nécessaire à la frontière de la Terre Promise.

3. Des questions sur le succès. Tout le monde veut réussir, n'est-ce-pas ? Que nous révèle cette histoire sur le secret du succès ? Souvent, nous souhaitons être témoins d'une intervention directe de Dieu. Nous souhaitons voir les eaux de notre Jourdain se séparer, et nous sommes surpris par le silence apparent de Dieu. Mais suivons-nous les instructions de Dieu qui nous ont été déjà révélées ? Ou bien en attendons-nous de nouvelles ?

4. Des questions sur l'immersion dans la Parole de Dieu : Jusqu'où nous plongeons-nous dans la Parole de Dieu ? Quelles sortes de méthodes utilisons-nous pour remplir notre esprit des enseignements des Écritures ?

5. Des questions sur « tout ce qui y est écrit ». Avec quel degré de fidélité allons-nous suivre ? Si nous ne suivons qu'une partie des instructions données par Dieu, ceci « montre notre respect seulement pour certaines parties de la loi, mais pas pour le Législateur ». (4) Sommes-nous disposés à obéir fidèlement à ce qui est révélé dans la Bible ?

Réveillés et prêts à traverser

Le livre de Josué nous dit que la promesse de Dieu s'accomplit du vivant de Josué. Il se montra fidèle, et Dieu l'éleva. Il conduisit le peuple de Dieu de l'autre coté du Jourdain. Les murailles de Jéricho s'écroulèrent. Les habitants de Canaan furent remplis de crainte. La présence du Seigneur était avec le peuple d'Israël, et la Terre Promise lui fut donnée.

Josué permit à Dieu d'être son général. Il ne rechercha pas sa gloire personnelle. Il souhaitait construire un autel pour Dieu dans le cœur et l'esprit du peuple, en transmettant la Parole de Dieu aux nouvelles générations. « De tout ce que Moïse avait ordonné, il n'y eut pas une seule parole que Josué ne proclama devant toute l'assemblée d'Israël, avec les femmes et les familles entières, ainsi que les immigrés qui marchaient parmi eux » (Josué 8.35). Josué avait choisi de servir le Seigneur jusqu'à son dernier souffle. À la fin de sa vie, il témoigna que Dieu était fidèle, que ses promesses n'étaient pas des mirages. Il déclara : « Aucune de toutes les bonnes paroles que le SEIGNEUR, votre Dieu, a prononcées sur vous n'est restée sans effet ; toutes se sont réalisées sur vous ; aucune n'est restée sans effet » (Josué 23.14). Dieu a compté sur Josué parce que Josué a compté sur son Seigneur.

Je veux être comme Josué. Je sais que ma destination est la Terre Promise, et non les vallées de ce côté-ci du Jourdain. Mais comment traverser le Jourdain ? Mon ennemi est rusé et cruel, et ma sagesse est limitée.

La présence du Seigneur m'est promise dans les Écritures. Dieu désire demeurer en moi par sa Parole. Par elle il désire me réveiller, m'instruire et me transformer. C'est à cause de cela que je pourrai aller de l'avant et traverser le Jourdain. Je suis disposé à le faire avec Jésus, le Seigneur qui sauve.


Questions pour

la réflexion

et le partage

1. Quand vous plongez-vous dans la Bible ? Le matin, ou le soir, ou les deux ? À midi ? Réfléchissez à la manière dont vous pouvez acquérir l’habitude de nourrir régulièrement votre âme par la Parole de Dieu.

2. Josué possédait une grande foi en Dieu et n’avait pas peur de la partager avec les autres. Comment pouvez-vous partager votre foi de manières pratiques ?

 

Citation tirée de ce message : Ma destination est la terre Promise.


Galina Stele, Docteur en Ministère, sert actuellement comme assistante de recherche et d’évaluation des programmes au bureau des Archives, Statistiques et Recherches de la Conférence Générale.

 

(1) Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 463.

(2) Donald H. Madvig, « Joshua », The Expositor’s Bible Commentary, Grand Rapids, Zondervan Publishing House, 1992, vol. 3, p. 257.

(3) A. Plummer, « Introduction to the Historical Books: Joshua to Nehemiah », Joshua, The Pulpit Commentary, Peabody, Mississipi, Hendrickson Publishers, vol. 3, p. iv.

(4) Madvig, p. 257.